Association Intertok

Le projet agricole : Cultiver pour Vivre

L’hôpital de Tokombéré voulait lutter contre la malnutrition des enfants. Parallèlement, des groupes de femmes et paysans s’interrogeaient sur l’origine de la malnutrition. Une prise de conscience a émergé. Ainsi dans la continuité du projet santé, est né dès 1980 le projet agricole.

Sept à huit mois de saison sèche et une courte saison des pluies de juin à octobre (400 à 800 mm par an), tel est le climat de Tokombéré. Les montagnes occupent les deux-tiers du territoire. Près de 95% de la population vit du travail de la terre qui leur permet de nourrir leur famille et de subvenir difficilement aux dépenses annexes.

 

Le mil et le maïs sont les principales cultures vivrières. Arachides, haricots, sésame, gombo, pois de terre viennent en complément. La boule de mil ou de maïs accompagnée de sauce (gombo, feuilles de haricot fraîches ou sèches) constitue la base de l’alimentation. L’eau potable est rare.

L’irrégularité des pluies nuit au développement de l’agriculture et compromet souvent les récoltes. A cela s’ajoute l’érosion des terres arables provoquée par le ruissellement des eaux pluviales. L’accès à la terre est difficile du fait de l’instabilité du foncier et de la  croissance démographique.

 

L’homme au cœur du développement

 

Face à ces problématiques, le projet agricole se structure dans les années 1980 et précise ses objectifs : assurer l’autosuffisance alimentaire, encadrer les paysans qui se sont déjà groupés pour améliorer la productivité, les former comme acteurs de leur propre promotion. En 1985 se constitue une fédération de groupements d’agriculteurs (GAMTOK) ; elle en compte aujourd’hui plus de 250. En 1989, la Maison du Paysan est créée, partie intégrante du projet global de Tokombéré.

 

Lieu de formation, d’expérimentation et de démonstration, la Maison du Paysan est une structure d’accompagnement et d’encadrement. Son action s’articule autour de six axes prioritaires (photo). En première ligne : l’éradication des épisodes récurrents de famine. Les villageois ont mis en place 107 greniers communautaires et magasins agricoles. Lieux de stockage pour la période de soudure, stock de proximité, lieu de gestion de la production de chaque famille, ces infrastructures sont gérées par un comité composé de villageois qu'accompagne la Maison du Paysan. Seul arrondissement à avoir un tel système de sécurité alimentaire, Tokombéré n’a pas connu de famine depuis 1998.

 

Progresser ensemble

 

Les paysans mènent une vie solidaire en s’entraidant mutuellement. Ils se sont organisés en filières : maraîchage, porcs, moutons, volailles, stockage. L’objectif est de progresser ensemble par l’amélioration des techniques, l’approvisionnement en intrants et l’organisation de la commercialisation.

Sur tous ces points l’équipe de la Maison du Paysan, une dizaine de personnes, les accompagne. Elle consacre un quart de son temps à donner sur son site des formations s'apputyant sur l'exemple des vergers et de la porcherie d’expérimentation. Le reste du temps elle sillonne les villages à la rencontre des habitants pour la démonstration pratique, le suivi sur le terrain des activités, la vulgarisation des nouvelles semences et techniques.

 

 

Ces réalisations ne doivent pas masquer les difficultés, notamment financières. La Maison du Paysan cherche à atteindre l’autofinancement garant de la pérennité du projet. Ses revenus locaux (adhésion des paysans, vente des plants, fruits, porcs, semences, intrants, produits vétérinaires) contribuent de façon significative, mais insuffisante à son budget. La participation de financeurs extérieurs reste déterminante. 

 

Le Projet Agricole est soutenu par divers partenaires. Les découvrir ICI