Association Intertok

Des femmes en action

Mères, épouses, maîtresses de maison, les femmes sont au centre de la vie familiale. Mais elles contribuent aussi à l'économie de Tokombéré, à travers la vannerie, la couture, la broderie, le tissage. Les former à tous ces rôles est essentiel pour tous. Et reconnaître leur travail est essentiel pour elles.

Les femmes de Tokombéré.

Comme partout en Afrique, les femmes jouent à Tokombéré un rôle primordial.

Bien que certaines familles privilégient encore l’éducation des garçons, les écoles primaires comptent autant de filles. Mais leur nombre chute au collège et plus encore au lycée et à l’université.

Plusieurs femmes scolarisées et éduquées dans le cadre du Projet de Promotion Humaine de Tokombéré prennent des responsabilités auprès des mères de famille dans des groupes d’artisanat, de promotion féminine ou d’alphabétisation.

 

L’artisanat.

Le GIC (Groupement d’Initiative Commune) ARTOK rassemble une cinquantaine de femmes qui font de la vannerie, de la couture ou de la broderie. Le produit de ce travail leur permet de financer notamment les frais de scolarité et de santé de leurs enfants, frais traditionnellement à la charge des femmes. Le GIC ARTOK s'organise autour d'une présidente, d'une secrétaire, d'une trésorière, d'un magasinier et de conseillères qui forment des jeunes, transmettent les commandes et vérifient la qualité des objets.

Faute de débouchés locaux, presque toute leur fabrication est expédiée à Paris où l’association ARTOK-Paris se charge de la diffuser essentiellement dans le cadre de ventes dans des lieux privés ou publics, tels que mairies, marchés de Noël, forums d’associations de solidarité avec l’Afrique, etc. 

 

La promotion féminine.

Son but est de former les femmes à leur rôle de mère de famille et de maîtresse de maison : initiation ou perfectionnement en couture, hygiène, cuisine et diététique, économie familiale… Ces formations ont lieu chaque année, de janvier à avril, pendant la morte-saison de l'agriculture.

Chacune des cinq accompagnatrices s’occupe de plusieurs groupes villageois dont chacun son animatrice. Les accompagnatrices se déplacent à pied, parfois à vélo, leur dernier-né sur le dos pendant que leurs ainés sont à l’école. Leur rémunération est symbolique.

Les cotisations des participantes servent à acheter les tissus et autres matières premières.

Walma Marie-Aimée, couturière, supervise l'ensemble en visitant tour à tour les différents groupes.


L’alphabétisation.

Il s’agit d’un service diocésain comportant un groupe sur la paroisse de Tokombéré dont Marie Ndarana est coordinatrice. Des moniteurs assurent des cours de 4 heures, 4 jours par semaine pendant trois mois – janvier, février, mars -. Ces cours s’adressent à de jeunes adultes, à des femmes mais aussi à des hommes, qui n’ont pas été scolarisés et ne savent ni lire ni parler français. En trois ans ils devraient atteindre un niveau d’école primaire mais beaucoup se découragent avant.

Les moniteurs sont de jeunes paysans qui ont quitté le collège après la 5ème ou la 4ème. Ils perçoivent une petite rémunération qui couvre à peine leurs frais de transport à moto.